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vendredi 5 février 2010


Stieg Larsson (Suède, 1954 - 2004)

Millénium 3 - La Reine dans le palais des courants d'air

(Actes Sud, 2007, 720 pages)


Troisième et dernier volet de la série Millénium, ce livre tient son lecteur par la barbichette, tout comme les précédents. Un rythme d’enquête effréné, une intrigue à plusieurs facettes, des développements maîtrisés donnant du relief à l’affaire, des personnages surprenants : une indéniable réussite dans le genre polar.

Cependant, avec ce troisième volet, on finit par se retrouver avec un groupe de gentils de plus en plus étoffé face au côté obscur ; c’est certainement trop beau pour faire réaliste. Tout le monde connaît une personne clef qui finit par se joindre à la ligue des gentils. Tous sont prêts à voir leur carrière et leur réputation mises en pièce par cette affaire louche à première vue. Tout repose sur l’honnêteté et la méthode Blomkvist. Blomkvist le Jedi. De plus, l’on comprend que l’État n’est en fait pas un méchant, seulement il est un peu lent à la détente, mais il tient fermement aux principes de la démocratie. Les droits du citoyen ne peuvent être bafoués que par un groupuscule de fous furieux couvert par quelques salopards corrompus au sein de la police de sûreté nationale. Mouais… Le gouvernement ne tenterait en aucun cas de marchander avec les journalistes pour étouffer une affaire de cette ampleur. Vive la constitution ! Mouais… Tout ceci semble un peu trop féerique… mais c’est une fiction me dira-t-on. Ou alors, tout ceci est bourré d’ironie ; c’était d’ailleurs la sensation que j’avais gardé du précédent tome. Donc, soit l’auteur a choisi la facilité pour clore l’affaire Salander, soit il exagère le tout pour mieux pointer du doigt les potentielles défaillances des démocraties. Mystère et boule de gomme !

Autre chose qui m’a chiffonnée : lorsque deux personnes qui ont tentés de se tuer, se retrouvent dans le même service d’hôpital, à deux portes l’une de l’autre, est-il plausible que leurs portes de chambres ne soient pas gardées par un quelconque service de sécurité ?!

Mis à part mes quelques hésitations, j’avoue avoir passé un excellent moment de lecture.

(Février 2009)

Stieg Larsson (Suède, 1954 - 2004)

Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

(Actes Sud, 2006, 656 pages)


J'avais déjà beaucoup aimé le premier tome de cette série, mais je trouve l'intrigue de ce second volet encore meilleure. Parfois, il m'a semblé que les choses étaient un peu tirées par les cheveux mais en même temps, j'ai eu l'impression que cela était fait exprès, que l'auteur s'est amusé à frôler la limite qui, une fois franchie, plonge l'intrigue dans le burlesque. J'ai trouvé son écriture pleine d'humour et plus ironique encore. Il arrive à nous concocter des méchants très très méchants, sur fond d'un sujet terrible (le trafic de femmes), avec des situations ignobles et en même temps, à nous faire rire avec cette héroïne parfaitement étonnante, qui ridiculise tout ces abrutis vulgaires, pervers et d'une brutalité sans nom, en les remettant à leur place d'enfoirés ordinaires qui n'aiment pas les femmes, comme dirait Lisbeth.

Ce qui me plaît jusqu'à présent chez Stieg Larsson est qu'il ait réussi à faire passer une sorte de revendication à travers un polar. Dans les différents polars que j'ai lu jusqu'à présent, l'auteur n'a pas su faire passer de message avec autant de talent. Larsson, lui, nous donne la possibilité de sortir révolté de ses histoires et de prendre conscience que ce qu'il traite comme sujet en trame de fond est lâchement blanchi par notre société. Et je pense que son argument le plus fort est Lisbeth Salander. A travers elle, il nous montre que notre système, notamment à travers ses préjugés, est capable de sombrer dans ce qu'il y a de plus perfide.

Son Mickael Blomkvist est toujours aussi charmant, et avec d'autres messieurs, vient rééquilibrer la balance. Sinon, on en arrivait à la conclusion que tous les hommes sont des salauds, ce qui n'est pas le cas assurément. Ce serait une triste vision manichéenne du genre humain.

Je peux déjà dire, arrivée au second tome de cette série, qu'elle est une belle leçon d'ouverture d'esprit. Ensuite, je recommanderais cette lecture à ceux qui ne se sentent pas révoltés face à la question de la prostitution. Je pense que leur passivité d'esprit face à ce sujet vient souvent du fait qu'ils ne s'imaginent pas quelle souffrance il y a derrière et comme les droits humains y sont largement bafoués.

(Janvier 2009)

mercredi 27 janvier 2010


Stieg Larsson (Suède, 1954 - 2004)

Millénium 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

(Actes Sud, 2006, 576 pages)


Ce livre est une toile d'araignée. Mon esprit s'en est approché et s'est pris dans ses filets. Le début me semblait un peu austère car on se retrouve plongé dans le monde des finances, du journalisme économique et des corruptions diverses et variées. Sujet très intéressant mais complexe, et même hermétique, si on y est totalement étranger. Mais tout ceci étant fort bien écrit, j'ai rapidement mis beaucoup d'intérêt à comprendre l'affaire.
D'autres histoires sont tissées en parallèle. Après avoir fait la connaissance du journaliste Mikael Blomkvist, auquel on s'attache très vite, on découvre l'étonnante Lisbeth Salander. J'adore ce personnage qui, de part sa personnalité et sa situation, nous pousse vers une remise en question des normes établies.
D'autre part, on est plongé dans une histoire familiale quelque peu troublante. Peu à peu, les fils de soie de cette toile vont se resserrer pour engendrer une nouvelle dynamique. Les différents personnages seront réunis autour d'une étrange affaire de disparition survenue il y a 40 ans. Personne ne croit en la résolution de cette disparition mais tout le monde cogite, fasciné par l'énigme. Leur persévérance les mènera vers quelque chose de totalement inattendu...

De mon point de vue, ce livre est un très bon polar. De plus, l'auteur y insère intelligemment de nombreux thèmes très intéressants comme la psychiatrie, les problèmes que soulève la mise sous tutelle, l'isolement social. Il aborde également l'histoire du nazisme en Suède ; en quelques phrases, l'auteur démontre l'absurdité de telles théories. On peut surtout remarquer l'omniprésence d'un thème : la condition féminine. Il serait d'ailleurs difficile de le manquer puisque chaque partie du livre est accompagnée par une phrase tel que : " En Suède, 46 % des femmes ont été exposées à la violence d'un homme ".

Un livre surprenant, ingénieux et enrichissant.

(Septembre 2007)